Vendredi 21 octobre 2011 à 21:25

Ca y est. Enfin à l’ENS, après des années de travail préparationnaire, plus ou moins acharné. En y repensant je ne suis pas sure d’avoir fait mon maximum pour y rentrer, ni même de le mériter. Je suis là, à une place que d’autres voudraient avoir. Finalement je m’y plais ; finalement, contre toute attente, il n’y a pas là que des intellectuels, pseudos poètes maudits qui lisent du Rimbaud sur les bancs en automne.
 
Par contre, y’a tout un tas de trucs supers cools-de-la-mort-qui-tuent, et d’autres moins. Déjà, j’ai envie de dessiner tout le temps, et depuis que j’ai assisté au colloque sur la BD avec Boulet [*-*] et d’autres, encore plus ; j’aurais bien voulu faire tout plein de dessins colorés pour illustrer cet article, mais… ça viendra peut-être un jour, pour l’instant ils restent dans les marges de mes feuilles de cours.
 
Voici donc, en exclusivité pour vous, les coulisses de l’ENS, la seule, l’unique ENS LSH. Topo rapide des premières impressions :
 
Déjà, le premier truc que tu remarques quand t’arrives à l’ENS, c’est que c’est un bâtiment affreux. Un truc en béton gris, pseudo design au milieu d’un parvis pavé. Quand t’arrives devant, tu ne peux que te demander s’ils ont voulu transmettre des messages à des entités extra-terrestres. Après, quand tu te ressaisis et que tu rentres dedans, tu te rends compte que c’est pas siiiiii laid. Y’a même des coins plutôt sympas, comme ce parc énorme entre la résidence et le restau’ U, plein de verdures et de bosquets feuillus. Même qu’au fond, y’a des mouflons, sisi. Trois mouflons, parce que y’en a un qui est mort de joie en apprenant que j’étais admise, et que s’ils en avaient plus de quatre, l’ENS devrait passer au statut de ferme, ce serait les boules quand même. Cela dit, je souligne le fait que personne ne sait d’où sortent ces braves bêtes ; la légende voudrait qu’ils aient été utilisés par les scienteux pour d’ignobles expériences, et qu’ils les auraient ensuite mis dans notre parc pour s’en débarrasser l’air de rien. Evidemment, les scienteux sont outrés par cette interprétation, selon eux c’est juste que le jardinier de l’établissement lettres kiffe les mouflons. Pour tout autre hypothèse, demander à un normalien au hasard des couloirs.  
 
Le deuxième truc que tu remarques, ce sont les gens. En fait, ils sont normaux. Pas du tout le genre intello supérieur qui philosophe au bord du trottoir en soufflant dans ses mitaines pour se réchauffer. Evidemment, des filles hyper jolies en jupette et collants, trop mignonnes et originales et tout et tout ;
et un nombre incroyables d’hommes aux cheveux longs. J’aurais cru que, surtout en sciences, ce seraient des taupins boutonneux et binoclards, mais en fait non. Ils sont stylés, ils sont cools, et ils écoutent du métal et font du RPG. Enfin bref, les gens sont cools, quand ils sont habillés.
 
Car oui, venons-en aux faits importants : les différents clubs et associations. Parce qu’en prépa, on se sent un peu ermite, et dès qu’on peut aller au cinéma c’est la sortie du siècle. Ici, au contraire les clubs foisonnent et poussent comme des champignons. D’ailleurs, je crois bien m’être inscrite à la liste de diffusion de presque tous alors que je ne peux pas y aller pour des questions d’emploi du temps. Ce qui est bien dommage, car, évidemment, ils concernent tous les thèmes et activités dont la prépa a frustré tes envies d’apprentissage. Au hasard : dessin, photo, danse, théâtre, cinéma… On peut faire tout ça ici, and much more. N’oublions pas la traditionnelle Association Sportive avec sa brochette d’hommes nus qui font l’hélicoptère en chantant des chansons paillardes pendant le WEI [auquel je ne suis pas allée outre-mesure, donc on s’en fiche un peu], et le BDE qui, en association avec l’animation faite par l’AS, organise les soirées et autres WEI et inter-départements de l’ENS [donc en fait ce qu’ils font c’est apporter un cadre au strip-tease des sportifs pour le rendre justifiable, en gros.]
 
Du coup, j’ai commencé les cours de dessin mercredi, c’était génial évidemment. C’est du  modèle vivant, donc il y a des gens tout nus qui viennent prendre la pose, on les dessine sous tous les angles pendant deux heures et après on remballe. De toute façon, on commence à s’habituer à voir des gens tout nus au bout de deux mois de vie ici.
Parfois je me demande comment c’était à l’époque de Sartre. Est-ce qu’il se mettait tout nu sur la table pour faire tourner son zizi en chantant des chansons paillardes aussi ?
Je crois que ça va devenir ma nouvelle question existentielle :D
 
Et accessoirement aussi, il y a le travail. Oui, parce que je suis en section espagnol, donc on a plein de cours d’espagnol, mais le plus drôle, c’est que sur tous ces cours on a que deux « vrais » profs. Les autres sont des doctorants, donc qui doivent remplir un certain quota d’heures de cours à donner, et un lecteur, c'est-à-dire un étranger [en l’occurrence espagnol] qui vient ici pour donner des cours d’espagnol et faire des recherches. Les doctorants et le lecteur sont cools et ils sont trop mignons, et ils doivent avoir à peine 4 ou 5 ans de plus que nous. Les autres sont un peu chelous, mais supportables, quoique nettement moins fun dans leur enseignement [dédicace à la danse du capuchon de stylo sur le doigt d’Antonio le lecteur] que les premiers.  En plus de l’espagnol, si on trouve des créneaux libres pour les caser, on peut assister à plein d’autres cours. Tous ceux qu’on veut, dans la mesure du crénelage de la maquette de cours, en fait. Moi, j’ai choisi que des langues, parce que c’est cool d’être polyglotte. Donc je me remets à l’allemand [dur, je vous le dis, j’en suis à faire des exos de grammaire niveau B1 sur les « Modalverben »], je continue l’anglais, évidemment, avec une pièce de Shakespeare, The merchant of Venice, à mettre en scène et dans laquelle je joue le rôle du faire-valoir du beau-gosse [Gratiano], et je commence le portugais, langue tellement étrange que j’ai parfois l’impression d’apprendre le japonais et dans laquelle aucune lettre ne se prononce comme elle s’écrit. J’aurais bien voulu me mettre au suédois aussi, mais ce sera pour une prochaine fois je crois. Ah oui, sinon, le but de notre année de M1 en espagnol est surtout de rédiger un « mini-mémoire », c'est-à-dire 50 pages… en espagnol évidemment, sur un thème de notre choix mais pas trop quand même. Euh… je vous tiendrai au courant de l’avancée de mes projets u_u
 
Enfin, dernière chose, j’ai passé mon premier partiel de l’année la semaine dernière.  Bon ben en fait, c’est un commentaire de texte quoi. Exercice dans lequel je me débrouille sans exceller ; je pense que ça s’est relativement bien passé. On verra bien .
 
Sur ce, je vous laisse mes amis ; je vais, non pas réviser, mais dormir, ou dessiner, ou parler en dormant, ou dessiner en parlant, au choix.
 
DUMBLEDOOOORE


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Mercredi 25 mai 2011 à 20:47

Médiocrité.
 
Médiocrité.
 
Mon esprit serait-il déchu ? Il me semble que l’été ne fait que l’amollir. Je deviens subitement normale. Légère. Et je me noie ; je me noie en moi-même. Je deviens stupide. J’ai peur. Ridiculement peur.
Cette peur qui ne sert à rien d’autre qu’à anéantir le peu de lucidité qu’il pourrait me rester. Avoir peur de l’absurde.
 
Et le piano de Beethoven qui m’achève. Je ne suis plus. Je ne vis plus. Je ne suis qu’écoute ; enfin paisible. Ca ne durera pas. Bientôt je redeviendrai normale. Sociale. Déchue.
 
Cette matérielle inquiétude ne prendra fin qu’avec celle de toute cette histoire. Ou de la mienne. Que ne suis-je déjà morte, oubliée, repue de mes angoisses et tourments quotidiens ?
Angoisses et tourments qui, du reste, sont aussi illégitimes que ce simulacre d’introspection. Inutile.
 
Je n’arrive plus à écrire. Je me tais. Tout est musique. Tout n’est que musique ; du moins pour l’instant.


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Mardi 19 avril 2011 à 12:30

Tout ce qui se détache

Court nu dans les

Ruelles.
 

 

Il est tard. Ou tôt

Je ne sais plus.

La courbe du silence a gravi des montagnes.

 

 

Tu te tais. Tout se tait.

C’est l’heure solennelle d’où

Emerge la peur.

Elle est là

Angoissante et sacrée.

Elle me plonge en moi-même

Et je m’oublie. Je l’oublie.

 

 

Elle me hante.

Me possède.

 

 

Je me suis oubliée.

Oublié ?

Moi est mort.

Je est souffrant.

 

 

Nous sommes. Ici. Autotéliques.

 

 

Y a-t-il rien de plus sordide ?

Y a-t-il rien de plus lointain ?

 

 

A tous.

Vous êtes. Nous sommes.

 

Nous êtes.



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Mardi 19 avril 2011 à 12:00

Aspire le brouillard du
Néant. Le
Jour est déjà mort.
La nuit est longue et rare.
 
On aurait dit un cri d’animal blessé
 
Cet éclat de rire.
Cet éclat de voix.
Cet éclat de verre.
 
Aspire-le. Ce
Grotesque étranglement d’une voix
Extatique.
 
Le printemps sent bon la ville.
 
 
 
Et il me tarde de me noyer dans un ciel bleu.





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Lundi 18 avril 2011 à 20:29

Abondance.

Je ne sais pourquoi, ce mot me hante. Il m'emplit. Parfois il résonne dans ma tête pendant des heures. Il est là, tout autour de moi, en abondance.

Abondance.

Un mot comme les autres; trois syllabes; quatre voyelles. Il commence par un "a", comporte deux "n", finit par un "e". Serait-ce pour ça? Je ne sais pas. Il est là, c'est tout. Bientôt, ce sera peut-être un autre.

En fait, je crois que c'est juste un prétexte pour écrire. Ca me démangeait depuis quelque temps. Comment ai-je pu m'en passer ainsi?
Il n'a suffi que d'un nouveau stylo pour me donner à nouveau envie de consommer l'écriture. Et quel plaisir, narcissique, inutile.
Voilà que j'ai cédé, moi aussi, aux impératifs socio-capitalistes. Je ne suis pas fière; mais enfin...

Je tenterai de me rattraper en en faisant bon usage
.

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